7/12/2007

Billet de mauvaise humeur contre les guichets espagnols

Ici, quand je commence à faire la queue devant un guichet, j’en ai une sueur froide d’avance. Que tous ceux qui se plaignant de l’administration et autres services en France fassent leur méa culpa. Ou peut-être suis-je tout simplement très malchanceuse de ce côté-là. Quelques exemples : - J’ai besoin d’un certificat de résidence en Espagne, qui me sera délivré dans la mairie de mon quartier. Il n’y a pas de numéro de téléphone d’information, je dois donc y aller une première fois et faire la queue pour savoir de quels documents je dois me munir pour obtenir ce fameux certificat. La chose faite, j’y retourne une deuxième fois. Je refais la queue, et je tombe sur une grosse vache. Je vois tout de suite à son œil torve qu’elle n’a pas envie de me donner mon papier. Prévoyante, j’ai fait des photocopies de tous les documents que j’apporte, au cas où on me les demande. Je tends celles-ci à cette aimable femme, son visage s’éclaire d’un lumineux sourire : « désolé, il me faut les originaux ». Très contente de moi, je lui sors alors les originaux. Dans le tas, on me demandait notamment une facture de téléphone. La chère dame examine ma facture pendant 10 longues minutes, puis le verdict tombe : « Ce document indique bien que c’est à cette adresse que sont envoyées les factures, mais rien ne dit que c’est bien là qu’est installée la ligne téléphonique, je ne vous délivre pas votre certificat ». Véridique. Je retourne à la petite machine qui donne des numéros d’ordre de passage, je me munis de 10 tiquets pour ne plus tomber avec la grosse vache, je refais la queue et je tombe avec un aimable monsieur qui me délivre mon certificat en deux minutes. - Je veux faire refaire mon passeport au Consulat. J’appelle avant pour m’assurer des horaires d’ouverture. On me prévient : ne venez pas avant mercredi, nous mettons à jour le système informatique, aucun document ne pourra être enregistré d’ici-là. Le mercredi arrive, je fais la queue, quand mon tour arrive on m’informe qu’on est en train de mettre à jour le système informatique, revenez demain. - Je veux acheter un billet de train pour la France, et j’ai la bêtise de penser que ce serait mieux de me le procurer deux jours avant le voyage. Je vais à la gare, et fais 40 minutes de queue au guichet « ventes avec anticipation ». Mon tour arrive, j’ai l’horaire de départ, la destination, mais on me réclame « le numéro du train ». On m’informe qu’on me le donnera au guichet « information ». 40 minutes de queue plus tard, j’ai le numéro, 40 autres minutes plus tard, me revoilà à « ventes avec anticipation ». Là, on m’informe que le train qui va jusqu’à la frontière est un régional, dont le billet ne peut s’acheter que le jour même, et que les billet de train français s’achètent en France. - Je veux acheter un billet de bus pour la France et pour le jour même. Le site internet de la gare routière indique que c’est avec la compagnie Alsa que se fera le voyage. Je me rend à la gare routière et m’incorpore dans la file Alsa. Mon tour arrive après 40 minutes, et la jeune dame ferme le guichet : « désolée, c’est ma pause déjeuner, revenez dans une demi-heure ». Je reviens une demi-heure plus tard, demande mon billet, et on m’informe que ce n’est pas Alsa mais Eurolines qui vend les billets , et que leur guichet et fermé le dimanche. Que dois-je donc faire ? Allez faire la queue à « information ». A information, il n’y a personne bien que l’écriteau indique un permanence toute la journée, je m’informe, monsieur information est allé déjeuner. Je patiente une demi-heure, il revient et me dit que je peux acheter mon biller à la gare de chemin de fer, qui est à l’autre bout de la ville. Je lui demande à quel guichet exactement, il me dit le guichet des billets de train. Je prends le métro, traverse la ville et me rend à la gare de chemin de fer. Je fais la queue 40 minute pour m’entendre dire qu’ici on ne vend que des billets de trains. Pour les billets de bus, il faut sortir de la gare, la contourner et c’est deux rues plus loin. Bref, le temps nécessaire pour acheter ce billet a été à peu près égale au temps de voyage pour arriver jusqu’à Marseille. - Je reçois une facture de « maintenance du dispositif de distribution de l’eau » d’un montant de 6,35 euros. J’appelle pour savoir de quelle manière je dois la régler. On me répond qu’il faut venir à leurs bureaux et régler en espèces. Je me rend à l’adresse indiquée sur la facture, mais non, ce n’est pas ici, là c’est juste l’administration. On me donne une nouvelle adresse (bien sûr de l’autre côté de la ville) avec les horaires d’ouverture. Je m’y rend à 14h30, manque de bol, ils sont passés en horaires d’été, et ferment à 14h, il faut revenir le lendemain. Donc, 6 voyages en métro pour régler une facture de 6,35 euros. - Pourquoi vous raconter tout ça aujourd’hui ? Parce que ce matin, j’avais besoin d’un document délivré par l’agence pour l’emploi espagnole, et je devais aller bien précisément dans celle de mon district. Quand j’y suis arrivée, on m’a informé que « l’agence était exceptionnellement fermée aujourd’hui car UNE VOITURE EST EN TRAIN DE BRÛLER SUR LE PARKING ET ON A FAIT ÉVACUER LE BÂTIMENT . Merci de vous rendre à l’agence qui est à l’autre bout de la ville.».

6 commentaires:

annick a dit…

Abonnée aux 40 minutes de queue et moults voyages à travers la ville .... mais de quoi se plaint le peuple?
tu peux faire la causette avec un tas de gens tout aussi excédés que toi et tu apprends à connaitre ta ville dans ses moindres détails .... et je ne parle même pas du fait que les rouages de l'administration espagnole te seront parfaitement transparents ... au cas où, après avoir acquis papiers et certificats de circonstance, tu pourrais trouver un job MIRIFIQUE pour gagner ton pain quotidien ....

it' a joke ....

courage, jolie julie .... pour qu'il y ait, sur ton blog, un texte aussi long SANS photo, il fallait un ras le bol évident .... mais TU les auras .... avant de t'effondrer, complètement usée par ces longues attentes!!!!!!

un bisou .. sans attente .. et de tout cœur pour toi

alain b a dit…

Deux conclusions à cette méticuleuse enquête sur la Catalogne qui roupille:
Pour quelqu'un ayant l'étrange pouvoir de transformer une situation banale en mélo kafkaien, il y a des opportunités à saisir (exemple; avec ton plus bel appareil photo, dis à la duègne velue de ta mairie préférée que tu fais un reportage sur l'efficacité des services administratifs, et que son portrait au moment où elle prononce la sentence fatale (je ne vous le donne pas) serait utile).
Si le découragement te gagne, emmènes alors un (épais) bouquin, ce qui rend les attentes plus indolores.

Macgirl a dit…

Looooooooooooooool,
J'imagine bien que ce n'est pas très amusant pour toi mais j'avoue que tu m'as encore bien fait tripper avec tes mésaventures…
Moi aussi je lutte mais j'avoue faire pas mal de paperasse via internet, surement un marché à développer sur Barcelone… C'est la folie chez vous !!! Si en plus il faut plaire à la guichetière, c'est la totale.
J'espère que ça t'as permis de te défouler de raconter tout ça, en tout cas merci pour le récit c'est super fendard.

Sinon l'idée du reportage est intéressante mais c'est surement interdit dans les lieux administratifs. Par contre les photos que tu avais faite des files d'attentes des élections sont assez représentatives de ce que tu nous raconte là. Peut-être une idée à creuser…

Pleins de bisous et que la force soit avec toi.

julimigree a dit…

Hé, merci pour vos encouragements ! J'ai l'air très en colère dans le message, mais non, je ne le suis pas, je me suis fait une raison... Je trouvais juste que ça valait la peine d'être raconté, puisque je fais une chronique de la vie ici...

aµrel a dit…

Moi j'ai remarqué que ça dépendait des villes… Toulouse est très bien notée pour ce point! Merci pour cette nouvelle aventure…

Nicolas a dit…

Ach Julie
Quelle école de patience et de philosophie Zen !

Tu as dû passer par toutes sortes d'états... Keep faith :-)