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3/14/2007

julie a un nouveau travail #2

Suite à l’avalanche de commentaires générée par l’article précédent, il m’a semblé pertinent d’étayer un peu. Voici donc, après deux jours d’office, mes premières impressions sur mon nouvel emploi. Premièrement : c’est un travail qui rend complètement schizophrène, car nous sommes quatre, un garçon et trois filles, à nous partager une trentaine de prénoms de voyants et voyantes, ce qui donne lieux à un certain nombre de situations très embarrassantes. Il faut souvent rattraper une gaffe au pied levé, car il y a pas mal de clients qui appellent régulièrement et qui connaissent nos voix respectives... N’ayant pas de standardiste, nous prenons nous-mêmes tous les appels, et il faut alors déterminer sans se trahir à qui la personne veut parler, c’est-à-dire à quel collègue et sous quel prénom, sachant que c’est peut-être vous-même. Personnellement, j’ai résolu le problème en m’inventant une seconde voix, qui me sert à décrocher le téléphone. Ce qui est assez comique, puisqu’il m’arrive souvent de me passer à moi-même une personne, en changeant de voix. Le garçon qui travaille avec nous est parfois consulté par une même cliente sous différents prénoms, il arrive à soutenir une conversation d’une heure en prenant un accent russe, espagnol ou africain. Deuxièmement : c’est un travail qui ne demande aucune connaissance ésotérique, mais beaucoup de psychologie. En fait, c’est une sorte d’SOS amitié, à part que c’est nettement plus cher. Par exemple, une brave fille vous raconte longuement comment son fiancé la traite comme une m…, puis vous demande si c’est l’homme de sa vie. Alors vous lui dite que les cartes sont intraitables là-dessus , ce n’est pas lui, vous lui faites un peu la leçon sur le travail de revalorisation qu’elle doit faire sur elle-même, avec conseils de relooking à la clé, et vous lui prévoyez une belle rencontre pour la fin de l’année. Il arrive souvent que des gens rappellent après pour nous remercier (enfin, je dis nous, mais à moi, ça ne m’est pas encore arrivé). Troisièmement : le côté désagréable, ce sont les gens qui appellent totalement d’un autre monde (que le mien en tout cas). Ceux qui se font attaquer par des esprits, ceux qui ont le diable dans leur maison, ceux qui parlent avec des entités mystérieuses, ou parfois avec des dieux grecs. Ceux-là, il n’y a rien à dire, il faut juste les écouter parler, et les relancer de temps en temps en disant absolument n’importe quoi. J’avoue que cela me pose quelques problèmes de conscience, j’ai l’impression de donner mon aval à la folie des gens. Bref, pour le moment, je dois avouer que je ne suis pas très à l’aise dans ce nouveau rôle, j’attends de voir comment évolue la situation. À part ça, je peux quand même commencer à vous donner des consultations personnelles : Annick, je suis désolée mais je pense que l’électricien n’aura pas terminé demain (expérience personnelle : les travaux prennent toujours du retard). Pour Sandrine : oui, j’avoue, j’avais le choix entre ça et vendre des magazines pharmaceutiques par téléphone à une clientèle spécialisée, et j’ai pensé que la voyance ce serait plus rigolo (maintenant je n’en suis plus si sûre, mais tant pis). Et merci à mon papa pour ses encouragements, à Kro, Aurel, Tayeb et Kasimir pour leurs messages. (vous voyez bien que je suis voyante, j’arrive à deviner qui se cache derrière les anonymes…).

3/13/2007

Julie a un nouveau travail

Et voilà, depuis hiers, j'ai commencé un nouveau travail INCROYABLE. Allez, essayez un peu de deviner ma nouvelle activité... Un indice : mon principal instrument de travail est un jeu de tarot. Et oui, c'est bien ça, je suis maintenant VOYANTE PAR TÉLÉPHONE !!!! Et arrêtez de rigoler s'il vous plait, je vous entend d'ici.

2/14/2007

Au Ma'Ma Café

Et c'est reparti pour une semaine de bar, le patron étant de nouveau en vacances, à Berlin cette fois, je me retrouve encore avec le Ma'Ma café sur les bras. Je prend ça très bien, commettant allègrement bourde sur bourde. Voici la dernière en date : je venais d'exécuter l'opération, délicate pour le profane, qui consiste à remplacer un fût de bière vide par un neuf. Une fois le baril en place, dans un excès de prudence zélée, j'ai assené un petit coup sur le robinet, afin d'éprouver la solidité de l'ensemble. Il s'est alors produit un phénomène aussi incroyable qu'effrayant : un très haut et très puissant geyser, vaporisant de la brume jaune et de la mousse sur tout ce qui se trouvait alentour, moi comprise. Totalement dépassée par les événements, j'ai fait appel à un preux client, qui a démontré sa bravoure en venant à bout de ce flot de bière Tchèque pressurisée, non sans dommages puisque nous fûmes alors deux à être imbibés des pieds à la tête, avec la bonne odeur que cela induit. Tandis que j'essayais de calmer les battements de mon cœur (un fût de bière peut-il exploser ? Quelle serait alors l'étendue des dégâts ? Le patron a-til une assurance, quand il n'y a même pas de téléphone dans le bar ?), le client me dit d'un air ennuyé : "Je vais prendre un savon en rentrant, ma mère va encore me traiter d'ivrogne..."

1/30/2007

Julie veut démissionner

Bonjour à tous. Je vous écris dans un état d’épuisement proche du coma. Il faut que je démissionne du bar le plus vite possible. Seulement, mon chef est parti en vacances au Kosovo en me laissant le bar sur les bras (!!!), et je ne peux donc évidemment pas partir avant son retour, s’il revient un jour. Quelle mouisasse ! En attendant, je vais vous raconter le bar. D’abord, le décor : des murs jaunes avec des fleurs de toutes les couleurs peintes dessus, des tables vernies, des chaises rouges, de vieilles banquettes toutes pourries et de petites lumières tamisées. Ensuite, l’environnement culturel : la musique (surtout funk, vieux rocks genre Elvis et les Beattles, et chansons brésiliennes), le film du lundi soir (toujours du cinéma indépendant) – lundi dernier c’était un film japonais : un type se suicidait en mangeant un énorme poulpe vivant, c’était très impressionnant – et bien sûr le football (ça je n’aime pas du tout, je me transforme en tireuse à bière automatique). Enfin, les clients : il y a Carlos qui peut danser avec n’importe quelle bouteille ou verre en équilibre sur la tête. Il y a les quatre frères, Jesus qui n’a qu’un bras, Victor qui a de si beaux yeux, Jaime qui ne boit que du jus d’orange et Angel qui ne boit que du coca-cola. Il y a Bretia le Tchèque, qui va me chercher la gace et les citrons quand je n’en ai plus, et qui ne parle que sa langue natale, alors on se baragouine un charabia tcheko-espagnol. Il habite dans le bar, il a un lit dans le cagibi derrière. Il y a Micha le Russe, qui, passé une certaine heure, entonne les chansons de son enfance. Hier soir, il nous a ramené un plat de saumon qu’il avait salé et fumé lui-même, je ne vous raconte pas le délice. Il y a les trois prostituées, une tchèque et deux américaines, qui viennent boire leur whisky avant d’aller travailler. Comme elles me commandent toujours des choses invraisemblables (un Baillantines sans glace mais avec de l’eau, un Johnny Walker avec seulement deux glaçons mais sans rien, un J&B avec un glaçon, de l’eau et deux citrons…), je leur fait généralement répéter deux ou trois fois leur commande. Elles en ont fini par déduire que je ne parlais pas espagnol. Alors, quand elles veulent me dire quelque chose de gentil, elles me disent « pretty, pretty » (en roulant le r). Et puis les vieux messieurs qui refont le monde en Catalan (je fais mine de tout comprendre), ceux qui lisent le journal, les étudiants qui comptent leur monnaie…

1/26/2007

Julie cherche du travail #5

Hello hello ! Me revoici, après une semaine épouvantable. Le programme moyen de mes journées : call center pour les palettes du lundi au vendredi + entretiens d'embauche aux quatre coins de Barcelone tous les jours + école deux fois par semaine + devoirs + cours de danse deux fois par semaine + bar kosovar trois soirs par semaine + cour de catalan le dimanche. Je ne rajoute pas courses + ménage, parceque ce n'est pas vrai, je n'ai fais ni l'un ni l'autre depuis une semaine (je me nourrie de sandwichs et de donuts, et ma chambre est une vrai porcherie). Le résultat de tout ça : on me repropose un contrat là ou je travaille, cette fois-ci pour louer des voitures. Enfin, je cherche encore un peu, au cas où je tombe sur la perle des jobs...

1/21/2007

Julie cherche du travail #4

Voilà voilà, l'avancée de la situation en direct. Donc, un entretien jeudi pour être télépopératrice. Réponse : incompatible avec mes horaires de classe. Vendredi matin, entretien dans une agence d'hôtesses. Au vue de ma taille et de ma silhouette, je n'étais pas très sûre de la réussite de l'opération. On m'a rassurée tout de suite : si si, ça ira très bien. Votre mission : présenter de nouveaux yahourts au Corte Inglés. Ils ont du penser que mon teint de bonne Fran-Comptoise ferait bonne réclame pour les produits laitiers. Mais je n'ai pas pu, je n'ai pas pu. En plus, il fallait travailler le samedi, et le samedi, j'ai mon cours de danse africaine, avec aux commandes Nicole la martiniquaise, et c'est FORMIDABLE, pour rien au monde je ne pourrais manquer ça. Vendredi midi, entretien pour être télépopératrice. Réponse : incompatible avec mes horaires de classe, pour changer. Et vendredi soir, éssaie dans un bar, le Ma ma's café. C'est un petit bar tenu par un kosovien, ou kosovoi, enfin, un mec qui vient du Kosovo, quoi (un albanais ?). Bon, et bien voilà, j'ai accepté en attendant, seulement 3 soirs par semaine. Ca va, il n'y a que 7 tables, 3 bières au choix, et la musique est bonne. C'est plein de gens des pays de l'Est, du coup, j'en profite pour apprendre quelques mots de tchèque. "Etno pivo, bossim", ça veut dire "Une bière, s'il vous plait".

1/18/2007

Vous avez aimé...

... Julie cherche du travail #1, #2, #3... vous allez aimer les épisodes suivant. La campagne des palettes bleues s'arrête, nous sommes tous virés dans 10 jours. Donc, 10 jours pour retrouver du travail... Je crois que cette fois, je ne vais pas trop faire ma difficile.

1/12/2007

Les téléopératrices de choc

Pour une fois que j'emmène mon appareil au bureau, j'en profite pour vous montrer mes comparses, concentrées dans leur travail : Véronica la tchèque et Anne-Sophie la Française.

10/15/2006

Julie cherche du travail #3 : suite et fin

Et voilà, ça y est, j'ai un travail. Je crois que c'est l'un des emplois les plus chi... qui existent : je suis TÉLÉOPÉRATRICE. Cela consiste à appeler des gens toute la journée pour leur poser les mêmes questions. Quand ils m'ont dit ça à l'entretien, j'ai failli partir en courant. Et tout ça pour une entreprise de PALETTES (je n'aurais pas pu trouver plus glamour). Mais attention, ce ne sont pas n'importe quelles palettes : ce sont les seules palettes DU MONDE à être de couleur bleue (à part celles qui servent de sommier à Kasimir, mais il a triché, il les a peintes, je le sais). Bon, assez râlé, voici les bons côtés de la chose. Premièrement, je suis sûre que le trafic de palettes ne fait de tord à personne, donc j'ai la conscience tranquille. Deuxièmement, c'est assez bien payé, le double de ce que je gagnais à l'hôtel (d'accord, c'est pas très difficile). Troisièmement, les horaires sont supers flexibles, on peut faire, selon ses besoins économiques du moment, de 20 à 40 heures par semaine, arriver deux heures en retard le matin, partir à l'heure qu'on veut, tant qu'on fait au minimum ses vingt heures. Donc je vais pouvoir me concentrer sur mes études, but premier de ma présence ici, faudrait pas l'oublier. Quatrièmement, nous sommes au douxième étage d'un bulding, avec, à ma gauche, la Tour Jean Nouvel, à ma droite, la Sagrada Familia, et droit devant, la mer. Ca fait pas rêver, ça, de travailler en ayant vue sur la mer ?! A l'occasion, je vous ferai quelques photos). Et cinquièmement, mes collègues sont tous jeunes, sympathiques et, comme d'hab, de toutes les nationalités. Ca fait quand même beaucoup de bons points, tout ça. Donc je remercie tous ceux qui m'ont soutenus durant cette pationnante aventure, sauf celui qui a mis : "anpe.fr" (c'est pas parceque Monsieur a trouvé du travail qu'il faut se moquer de ceux qui n'en ont pas). Cette semaine, j'ai aussi repris l'école, mais ça, je vous raconterai un autre jour.

10/06/2006

Julie cherche du travail #2 : La Star Académie

Donc, comme promis, le récit de mon passage à la Star Académie. Coup de téléphone, convocation pour un entretien, d’une entité qui se dit école de cinéma et maison de production. La petite annonce à laquelle j’avais répondu précisait que la personne devait correspondre au critère “présentation impeccable”. Avec Diane, nous tentons d’analyser le sens exact de cette expression. Nous en arrivons à la conclusion que cela signifie “chemise - pantalon repassé - brushing”. Je m'exécute et me rend sur place, et là, franchement, j’ai regretté de ne pas avoir apporté mon appareil photo. Il y a des spots bleus, des spots rouges, et on me fait patienter dans une salle d’attente dont les fauteuils alternent le zèbre, le léopard et les paillettes argentées. Ils y a plein de filles qui courent dans tous les sens, et à les examiner, je comprend que nous avons fait erreur sur le mot impeccable. En réalité, cela voulait dire : 1,80 m - bottes à talons - mini-jupe - bustier à paillettes. De toute façons je n’avais pas ça dans mon placard, surtout le 1,80 m. Le type qui me reçoit est un israélien, parlant impeccablement français, avec un beau costume, accompagné de son petit ami, israélien parlant impeccablement anglais. Il me parle exactement 3 minutes, ne me pose aucune question, puis termine l’entretien sur un : “On vous appellera”. Cette phrase typique d’un casting raté me fait sourire, je m’en vais sans illusions. Et ô surprise, le soir même, on m’appelle pour me demander de venir faire un essai le lendemain. Deuxième jour de brushing, me revoila à l’académie. Nous parlons horaires, bons horaires, salaire, bon salaire. On m’explique le travail, rien de compliqué, un peu de réception, un peu de facturation, mettre à jour les impayés, et faire signer les contrats aux élèves qui veulent s’inscrire. C’est là que je commence à comprendre comment fonctionne cette école, je vous explique : Les filles en mini-jupe qui ressemblent à des tops-modèles, ce sont les recruteuses, les bookeuses. Elles vont dans la rue avec pour consigne de repérer des jeunes de 14 à 18 ans et de leur proposer un rendez-vous pour un casting, totalement gratuit, en leur précisant que leur physique correspond aux besoins actuels de l’audiovisuel. À ce moment là, le jeune recruté est déjà super content, car les 3/4 des jeunes rêvent d’être repérés dans la rue pour être acteur ou chanteur. Donc la jeune recrue vient pour le casting, tout le monde ne passe pas cette étape, il faut improviser un monologue de deux minutes face à une caméra et tout le monde n’en est pas capable (moi par exemple, y aurait pas moy). Ceux qui réussissent sont convoqués pour un second casting, toujours gratuit, afin de confirmer leur talent. Autant vous dire que celui qui a passé les deux castings est déjà convaincu qu’il sera acteur. C’est là qu’on lui propose de s’inscrire à l’école pour la modique somme de 2000 euros, pour quatre mois de cours, à raison d’un cours pas semaine, payable sur 3 mois, c’est à dire 662 euros pas mois. Quand j’ai compris tout ça j’ai commencée à me sentir un peu mal derrière mon joli bureau. Mais le deuxième jour, ça a été pire. J’ai vu des jeunes prêts à mettre toutes leurs économies dans l’école. Et en fin de journée, cerise sur le gâteau, on m’envoie une mère et sa fille, cette dernière venant de réussir le second casting, et on me dit : voilà, tu vas faire signer ton premier contrat, on te laisse avec elle pour que tu lui explique tout. La dame ne connaissait même pas le prix du cours, et s’est exclamé “ô dios mio” quand j’ai commencé mon blabla. Elle m’a expliquée qu’elle était veuve, avec trois filles à charge, et qu’il lui était absolument impossible de payer cette somme, ni en une fois ni en trois fois. Moi j’avais déjà jeté l’éponge et je suis allée prévenir la commerciale que je ne ferais pas signer ce contrat. Elle a rappliqué en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, a baratiné la dame une demi-heure, l’a convaincue de faire un prêt à la banque, remboursable sur un an. - à combien se montent les intérêts ? - Ah ça madame, je ne sais pas, il faut le demander à la banque. - Mais je travaille tous les jours, impossible de me rendre à la banque - Envoyez votre fille ainée qui est majeure, elle fera le prêt en son nom et vous lui rendrez l’argent. Votre fille a fait un super casting, elle a du talent, ce serait vraiment dommage de pas en faire quelque chose. Et si vous ne donnez pas les 100 euros d’inscription tout de suite, nous ne pouvons pas lui réserver sa place (tu parle, il y avait trois classes à remplir). La dame a donné les 100 euros, bien entendus non remboursables, même si elle change d’avis une heure après. Donc voilà, moi, après tout ça, craquage, je vais voir le boss et je lui dit qu’il y a erreur, je ne suis pas la personne qu’il leur faut, que je reviens encore le jour suivant pour finir ce que j’ai commencé mais qu’après il ne faut plus conter sur moi. Il me répond d’y réfléchir calmement pendant la nuit et qu’on en parlera demain. Le lendemain, je viens à 10h30, car il y a un cours à 11h, et que je dois encaisser l’argent des parents d’élèves avant de permettre à leur progéniture de prendre leur première leçon. Pour la suite, il est important de préciser que la veille, on m’a demandé d’appeler tous les élèves un par un pour leur rappeler l’heure de leur cours, et dire à ceux qui doivent payer de ne pas oublier leur porte-monnaie (j’adore ce travail). Et là, coup de théâtre, le cameraman est là pour filmer le cour, le professeur est là (c’est un intervenant extérieur, un acteur-réalisateur de Barcelone), les élèves sont là avec leur parents, mais il n’y a personne à l’académie, et nous n’avons pas la clef. Aucun de nous n’a le numéro de portable des boss. Nous poirotons une heure sur le trottoir, les parents s’échauffent et crient au scandale, disent que pour ce prix là ce n’est vraiment pas sérieux, s’échangent leurs coordonnées pour faire une plainte groupée à une association de consommateurs, et s’en prennent au prof qui a vite fait de se déresponsabiliser en disant qu’il n’a rien à voir avec cette école. Au bout d’une heure, je m’en vais l’esprit libre, je pense bien en avoir fini avec cette académie. Deux heures plus tard, le boss m’appelle pour savoir si tout se passe bien. Je lui répond que tout se passe très mal, que le cours n’a pas eut lieu, et que ma décision est définitive, aurevoir. Il me rappelle une heure plus tard, il me dit qu’il vient d’arriver à l’académie et que le téléphone n’arrête pas de sonner, les parents mécontents commencent à le harceler ! Il me supplie de venir pour prendre le téléphone (il y a vraiment des gens qui ne doutent de rien), je refuse, il essaie même de me soudoyer avec de l’argent, mais bon, j’ai eut le sentiment que plus vite je m’éloignerais de ces gens là et mieux ça vaudrait pour moi. Et voilà, j’ai perdu deux jours et c’est reparti pour les petites annonces...

10/04/2006

Julie cherche du travail #1

Et non, je n’ai pas disparu dans un trou noir, je suis juste en train d’éplucher les petites annonces du matin au soir, d’où mon peu de disponibilité pour vous raconter ma vie ces derniers temps. Il faut dire aussi qu’en photo, ça ne donnerait pas grand choses, moi en pyjamas avec un journal et une tasse de café. J’ai donc décidé de vous faire partager par écrit la vie d’une personne qui tend à entrer dans la vie active, avec ses joies, ses surprises, bref, toutes ces bonnes choses qui sont mon pain quotidien. Se lever avec enthousiasme le dimanche matin, car c’est le jour du cahier emploi de Lavanguardia. Toujours commencer la journée en consultant ses mails, en trouver 7 non lus dans la boîte, maudire le site aquarelle.com et sa promotion sur les fleurs, emagister et son offre de formation par correspondance, Alison Walis qui me propose du Viagra, tient, Magdalena m’invite à déjeuner, ma grand-mère va bien et vingt-deux personnes ont consulté mon blog cette semaine. Et puis toujours décrocher le téléphone, même quand on dors encore à 11h du matin, et faire tout son possible pour avoir la voix d’une personne sur le pied de guerre depuis l’aube. Toujours avoir une tenue propre à portée de main. Toujours avoir un plan de la ville et des tickets de métro dans son sac. Toujours avoir du crédit dans son portable. Bon, il faut quand même dire qu’il y a beaucoup de travail à Barcelone, ce n’est vraiment pas un problème d’en trouver un, le tout est de réunir le trio gagnant horaires-salaire-distance pour y aller, et ça, c’est une autre paire de manches. J’ai déjà refusé un poste de conseillère internet pour un site du genre photo-station, trop loin, trop peu payé, un autre de tenancière de café internet, pas assez intéressant et trop peu payé, et un type distributeur d’eau minérale qui me proposait de faire secrétaire, de démarcher de nouveaux clients et que de maquetter ses catalogues, dans un bureau de 2 m2, tout ça à mi-temps pour 300 euros par mois (!), alors celui là, je lui ai carrément dit : “ah ! ah ! ah !”. Sinon, il y a ceux qui m’ont refusée : - un avocat paraplégique qui avait commencé l’entretien en dessinant des patates sur une feuille de papier (alors lui, c’est le chef, comme ça, il a l’air super benêt, mais en fait il est très intelligent, lui, c’est son bras droit, et elle, là, sous le bras droit, c’est le cancer de l’entreprise, parce que le bras droit, il se la tire, alors elle en profite pour ne rien f...), bref, je n’ai pas eut le travail mais ai passé un moment divertissent. - un exportateur de vin espagnol et portugais, ça j’aurais bien aimé, le travail avait l’air super intéressant, mais il voulait une personne native espagnol, je l’ai convaincu que mon espagnol était parfait, alors il m’a demandé de rédiger une lettres en m’indiquant juste les grandes lignes. Heureusement pour moi, il y avait un correcteur d’orthographe sur l’ordinateur, mais je crois que mes formules de politesse improvisées n’ont pas eut l’effet escompté. - et bien d’autres pour diverses raisons (principalement mes horaires de cours, que j'essaie désespérément de changer, sans succès pour le moment, mais aussi trop jeune, trop vieille, ne parle pas le catalan...). La prochaine fois je vous raconte comment j’ai travaillé deux jours à la Star Académie.

5/01/2006

Guest book

Le livre d'or de l'auberge.

2/19/2006

Mon auberge

Et mon papa, check in and check out.

2/13/2006

Ma vie à l'auberge # 3

Je m'ennuyais à ma réception lorsque... un de nos clients (Australien bien-sûr), lors de son séjour, avait fait visiter tout Barcelone à son Kangourou en plastique. Et, comme tout couple normal en vacances, il a fait plein de photos, qu'il a eut la gentillesse de nous envoyer apr`s. Preuve à l'appuie...

Ma vie à l'auberge # 2

J'étais en train de m'ennuyer à ma réception lorsque... vous allez penser que j'invente, mais non, je vous jure, il y a une femme à barbe dans mon hôtel. Le réceptionniste de la nuit m'a raconté qu'elle est arrivée cette nuit à 3h du matin. Il a halluciné parcequ'il était en train de ronfler sur le canapé de la réception, et qu'il a dut se frotter les yeux plusieurs fois. Elle était venue à pied, de nuit, depuis la gare de Barcelone, c'est à dire à peu près 6 km, et en côte tout le long. Bon, mais passée la première minute de surprise, elle est très sympathique.

2/12/2006

Ma vie à l'auberge

Comme tous les jours, je m'ennuie à ma réception. Là, il y a deux types qui viennent de sonner. Je leur ouvre la porte. Ils ont des uniformes noirs et une civière. Ils me disent : "On vient chercher le défunt". Je pense avoir mal compris et je leur demande de répetter. Ils s'énervent : "Le défunt, le mort, quoi !". Je leur dit que c'est une erreur et qu'il n'y a pas de mort dans l'hôtel. Ils me montrent leur papier officiel, avec l'adresse de l'auberge dessus. Je leur dit que c'est une erreur, qu'ils n'ont qu'à appeler leur chef pour avoir des explications. Maintenant, ils sont dehors, et ils attendent le coup de fil de leur chef, pour savoir ou est le mort. Ils se bidonnent dans leur ambulance, je les entend rigoler jusqu'ici. C'est vrai qu'avant d'être un hôtel, c'était une maison de retraite. On a même une chambre, que nous appelons maintenant la "00", qui, réputée pour sa fraîcheur, servait à entreposer les corps de ceux qui avaient expiré, en attendant que les types en noir viennent les chercher. Heu... Papa et Sandrine, si jamais vous lisez cela, n'ayez pas peur, ce n'est pas la 00 que je vous ai réservée pour la semaine prochaine.

11/02/2005

Campéé !

Ce soir, j'ai bu des verres avec trois Coréens. Ils pensaient que j'étais espagnole et que j'avais 19 ans. Quand je leur ai dit que j'étais française, ils se sont exclamés : "Ha, la baguette française !". C'est vrai que c'est impossible de trouver du bon pain ici (apparement en Corée aussi). J'ai appris un mot en Coréen : "campéé !" (ça veut dire : "à la votre !").

10/30/2005

Hallucination

Évidement, comme d'habitude, je n'étais pas au courant du changement d'horaires cette nuit. Je me suis donc rendue à l'auberge… à 7h ce matin, au lieux de 8h ! Ensuite, j'ai du me frotter les yeux plusieurs fois quand j'ai vu sortir des chambres de petits personnages vétus de kimonos blancs ceinturés de rouge et armés de sabres, des garçons portant l'uniforme des écolières japonaises et quelques exemplaires de Dragonball Z. J'ai finallement appris qu'il s'agissait d'un groupe d'espagnols venus de je-ne-sais-où, membres d'une associaton des amis du manga, passant le week-end à Barcelone afin d'assister à un salon de la BD japonaise. Ouf, c'est pas moi qui déraille !

10/24/2005

Et encore…

Mon nouveau bureau

Cela fait longtemps que je ne vous avais pas donné de nouvelles, le temps de m'habituer à mes nouveaux horaires. Et oui, ça y est, je travaille dans une auberge, et pour le moment, c'est plutôt agréable ! Je vous laisse juger, photos à l'appuie… Bon, c'est vrai, ça fait un peu cafétéria de Hélenne et les garçons, mais mes collèques sont vraiment très sympathiques, il y a un argentin, un anglais et une écossaise (moi je remplace une italienne).