3 longes semaines sans donner de nouvelles, et pourtant, il s’en ai passé des choses en trois semaines. Tout d’abord, j’ai, une fois de plus cette année, donné ma démission… Et me voici à nouveau en recherche d’emploi. Je n’en pouvais plus d’écouter les petits problèmes des gens. Ce fut une expérience intéressante, mais au final, pas très lucrative. La fin du mois s’est soldée par un petit tour aux Saintes-Maries de la mer, pour photographier le pèlerinage annuel des gitans, puis deux jours à Toulouse, afin de rendre visite à Aurel, Émilie, Renaud, Nicolas et leurs chats du voisin. Tout cela bien agréable, à part les trajets d’aller et retour. Allé en bus de Barcelone à Montpellier, bus surbondé arrivant avec deux heures de retard, voisin de fauteuil mesurant un mètre quatre-vingt-dix... Retour en train Toulouse - Barcelone, 18 heures de voyage, des rafales de vent ayant arraché les lignes électriques de la voie. Nuit passée à la gare de Cerbère, voir photo.
Il n’y a pas qu’en France que le record de participation aux élections a été battu. Parmi les 50 000 électeurs français de Barcelone, il y en a un certain nombre qui se sont déplacés. En moyenne une à deux heures de queue pour aller voter, une fille d’attente de 300 mètres de long sous un soleil de plomb, et monsieur le Consul en personne pour accueillir et diriger tous ces gens si patients.
Le 8 avril, ok, c’est ma fête, mais c’est aussi la journée internationale des gitans, roms, tziganes, et autres peuples du voyage. À Barcelone, cela consiste en une cérémonie sur les rives du Rio Besos (la rivière Baisers). On jette sur l’eau des pétales de fleurs et de petites bougies flottantes, en mémoire de tous ceux qui ont péri dans les camps durant la seconde guerre mondiale.
Vous avais-je déjà parlé de mes ex-colocataires David et Erika ? Ils se sont mariés la semaine dernière. Mariage sans cérémonies et en petit comité, car plus motivé par l’urgence de régulariser certaines situations que par le désir d’officialiser une union. J’ai été assez surprise du discours de la représentante de la mairie (visiblement pressée d’aller déjeuner), essentiellement centré sur le partage des tâches ménagères dans le couple. Serait-ce le premier facteur de séparations aujourd’hui en Espagne ?
Deux semaines sans vous écrire ! Pour m’excuser, je dois vous avouer que ce nouveau travail a pendant un certain temps transformé mon cerveau en éponge. Non pas que je n’arrive pas à me remettre des histoires abracadabrantes que j’entend toute la journée, c’est plutôt que depuis 1 mois, toutes mes phrases commencent par des arabesques du style : « Alors, pour ainsi dire, d’après la situation qu’il vous incombe actuellement de gérer, et en tenant compte de la conjoncture que je décrirais comme favorable à l’ascendance de votre courbe énergétique, et cela malgré les pressions auxquelles vous êtes soumise de part la position de pluton dans votre axe lunaire, je vois… ». Mais je m’habitue peu à peu, et suis à nouveau capable de parler normalement en dehors des heures de travail. Il faut aussi dire que le déluge de ces dernières semaines n’a pas été très propice aux virées photos sur la Rambla. Mais depuis aujourd’hui, le soleil est de retour, donc moi aussi. Au programme du mois d’avril, il y a d’abord l’anniversaire d’Audrey. Sur les photos, c’est nous deux, avec 20 ans d’écart entre les deux prises de vue. Il y a des choses qui ne changeront jamais. Et puis dans les jours qui viennent, je vous parlerai du mariage de mes ex-colocataires, de mon reportage sur les gitans qui avance à petits pas, j’ai aussi pensé à faire une sorte d’hommage à l’éternel bordel qu’il y a dans ma chambre, mais ça, c’est pas encore sûr, j’y réfléchis.